
Un vote tenu le 11 février à la Chambre des représentants des États-Unis en faveur d’une résolution visant à contrer certains tarifs imposés sur les biens canadiens envoie un signal encourageant, mais ne dissipe pas l’incertitude entourant la politique commerciale américaine.
C’est l’analyse formulée par l’Institut économique de Montréal (IEDM) à la suite du scrutin.
Selon l’organisme, bien que ce vote constitue un premier geste parlementaire d’opposition aux mesures tarifaires mises de l’avant par l’administration de Donald Trump, il ne met pas fin aux tensions commerciales entre les deux pays. Les chaînes d’approvisionnement nord-américaines étant fortement intégrées, les tarifs imposés sur certains produits ont eu des répercussions directes sur les coûts de production et sur les prix payés par les consommateurs, tant au Canada qu’aux États-Unis.
Au cours des derniers mois, Donald Trump a réaffirmé à plusieurs reprises son intention de maintenir une approche commerciale axée sur la protection de l’industrie américaine, soutenant que les tarifs demeurent, selon lui, un levier efficace pour défendre les intérêts économiques du pays et réduire les déficits commerciaux. Il a également laissé entendre que d’autres secteurs pourraient être visés si les partenaires commerciaux ne renégociaient pas certaines ententes jugées désavantageuses.
Selon la Tax Foundation américaine, les tarifs imposés au cours de la dernière année auraient représenté en moyenne environ 1 000 dollars américains supplémentaires par ménage en 2025, un montant qui pourrait atteindre 1 300 dollars l’an prochain si les mesures sont maintenues. L’organisme estime qu’il s’agit de la plus importante hausse de taxes indirectes aux États-Unis depuis le début des années 1990.
Par ailleurs, un sondage du Pew Research Center indique qu’une majorité d’Américains s’opposent à la politique tarifaire actuelle, reflétant un débat croissant sur les effets de ces mesures sur le coût de la vie et sur la compétitivité des entreprises.
Pour l’IEDM, le vote de la Chambre représente une avancée symbolique importante, mais la situation demeure évolutive, alors que toute modification concrète devra franchir d’autres étapes législatives et pourrait faire l’objet de contestations politiques.