
Alors que le gouvernement Legault souhaite lier une part de la rémunération des 23 000 médecins québécois à des indicateurs de performance, les réactions se multiplient de toutes parts.
Le président du Collège des médecins du Québec, le Dr Mauril Gaudreault, a exprimé ses préoccupations, jugeant risqué d’associer les revenus à des objectifs qui pourraient inciter les médecins à réduire le temps accordé aux patients.
Le Collège recommande aussi au gouvernement de cesser toute forme de dénigrement public de la profession médicale et de reconnaître que la responsabilité collective en santé doit inclure les gestionnaires et autres professionnels, comme les infirmières. Il propose d’explorer de nouveaux modèles de rémunération, comme la capitation ou le salaire horaire, pour réduire la dépendance au paiement à l’acte, qui représente près de 80 % des revenus médicaux actuels.
De leur côté, les syndicats des omnipraticiens (FMOQ) et des spécialistes (FMSQ) s’opposent fermement au projet de loi, dénonçant une approche accusatrice qui, selon eux, blâme injustement les médecins pour les failles d’un système dont ils ne contrôlent ni l’architecture ni la gestion. Ils craignent que la réforme ne pousse de nombreux médecins, notamment les plus âgés, à prendre une retraite anticipée, accentuant une pénurie déjà critique.
Plusieurs acteurs du réseau, incluant une vingtaine de groupes et chercheurs, participent cette semaine aux consultations à l’Assemblée nationale pour présenter leurs points de vue au ministre Christian Dubé et aux élus de l’opposition.