
La réorganisation du transport scolaire au Centre de services scolaire de la Beauce-Etchemin continue de soulever des inquiétudes chez les parents et les transporteurs.
Pour la rentrée 2026-2027, environ 15 % du réseau actuel sera touché, alors que 27 des 225 parcours en service doivent disparaître.
Du côté des transporteurs, l’inquiétude porte surtout sur la rentabilité et la faisabilité des nouveaux circuits. Certains parcours pourraient passer de 80 ou 120 kilomètres à plus de 200 kilomètres, ce qui entraînerait davantage d’usure sur les véhicules, plus d’heures de travail et une pression accrue sur les coûts de carburant. Les autobus électriques ajoutent aussi un défi. Les transporteurs rappellent que ces véhicules ont été exigés par le gouvernement, mais que leur autonomie n’est pas toujours adaptée à des trajets beaucoup plus longs.
Chez les parents, les préoccupations concernent surtout les impacts en milieu rural. Un groupe Facebook intitulé Transport scolaire : Parents mobilisés regroupait déjà plus de 500 membres en date du 10 juin, principalement en Beauce et dans Les Etchemins. Les inquiétudes touchent notamment la sécurité, les enfants ayant deux adresses, les coûts et l’accès aux programmes particuliers. Certains parcours abolis desservaient des élèves inscrits en sport-études ou au Programme d’éducation intermédiaire, ce qui pourrait compliquer l’organisation familiale. Des parents craignent aussi que des enfants doivent marcher plus longtemps pour rejoindre un point d’embarquement ou attendre à l’extérieur avant un second transport. Le retrait du transport vers une deuxième adresse inquiète également plusieurs familles séparées.
Le CSSBE affirme comprendre les préoccupations, mais demande aux familles de patienter. Les parcours définitifs ne seront pas connus avant la mi-août et des ajustements pourraient encore être apportés, notamment par l’ajout de zones d’embarquement ou la modification de certains trajets. Le centre de services scolaire soutient que la réorganisation devrait améliorer la situation pour une majorité d’élèves. Selon ses estimations, 80 % des parents verraient une diminution du temps de transport et moins de transferts, avec une baisse moyenne d’environ 10 minutes par trajet. Le CSSBE explique aussi que ces changements découlent d’un enjeu budgétaire. Le transport scolaire affiche un déficit important, alors que l’organisation doit présenter un budget équilibré et composer avec une enveloppe fermée pour ce service.
La grille tarifaire sera également modifiée. À compter de 2026-2027, les parents d’élèves utilisant le transport scolaire devront payer un tarif unique de 360 $ par année, alors que les montants variaient auparavant entre 125 $ et 250 $ selon les situations.
Le CSSBE assure que la sécurité des élèves demeure une priorité. Les zones jugées dangereuses continueront d’être évaluées, des ressources supplémentaires seront déployées et aucun élève ne devrait être laissé à l’extérieur lors de conditions météorologiques défavorables.
Malgré les ajustements promis, le dossier demeure sensible. Parents et transporteurs souhaitent encore que la réorganisation soit revue ou appliquée de façon plus graduelle afin de limiter les impacts sur les élèves, les familles et les entreprises de transport.