
La Banque Nationale retirera dans les prochaines semaines six guichets automatiques en Chaudière-Appalaches, dont ceux de Sainte-Claire, Saint-Prosper, Saint-Damien, Beauceville et Saint-Joseph-de-Beauce.
Ces appareils avaient été installés dans des commerces après la fermeture de succursales locales, mais la banque invoque maintenant une faible utilisation et un virage de la clientèle vers les services numériques. À Sainte-Claire, le guichet installé en juillet 2024 doit être retiré le 7 mai, alors qu’à Saint-Damien, celui placé dans un dépanneur en mars 2024 disparaîtra lui aussi.
Au-delà de ces retraits, c’est un phénomène plus large qui se dessine. Des reportages publiés plus tôt cette année indiquaient que le réseau québécois de la Banque Nationale est passé de 304 à 261 succursales en cinq ans et que d’autres fermetures sont prévues en 2026, dont celle de Lac-Etchemin en août. Le problème, pour les régions, est qu’une fois les succursales fermées, les guichets installés en remplacement deviennent eux aussi fragiles quand leur achalandage baisse. Les protections fédérales de préavis et de consultation s’appliquent aux succursales avec personnel, ce qui laisse entendre que le retrait d’un simple guichet n’est pas encadré de la même façon.
La Banque du Canada note pourtant que, si l’accès global à l’argent comptant demeure relativement stable au pays, les résidents des milieux ruraux doivent déjà parcourir davantage de distance pour atteindre un guichet ou une succursale. En 2023, ils devaient en moyenne se rendre à 3,9 kilomètres du guichet le plus proche et à 9,7 kilomètres de la succursale la plus proche, tandis que la poursuite des fermetures de succursales a accentué les distances en zone rurale. Dans Bellechasse et en Beauce, l’enjeu dépasse donc la disparition de quelques machines : il touche la capacité des aînés, des personnes moins à l’aise avec le numérique et de ceux qui dépendent encore de l’argent comptant à conserver un accès simple à des services bancaires de base.