
Le gouvernement du Québec a sabré dans les ressources consacrées à l’analyse de la qualité de l’eau de ses lacs et rivières, suscitant de vives inquiétudes parmi les experts, les associations de protection et les citoyens engagés.
En 2025, seuls 389 lacs seront échantillonnés, contre 537 l’an dernier, soit une baisse de près de 28 %.
En cause : des compressions budgétaires et le non-renouvellement de contrats au Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec, entraînant une réduction de 50 % des heures de laboratoire. Des dizaines de lacs, malgré leur inscription au Réseau de surveillance volontaire (RSVL), n’auront aucun prélèvement cette année. Plusieurs associations devront se tourner vers des laboratoires privés, où les coûts peuvent grimper à 1700 $, comparativement à 135 $ dans le réseau public.
Les conséquences sont majeures : perte de données environnementales cruciales, démobilisation des riverains, et difficulté à convaincre les citoyens d’investir dans l’amélioration des systèmes septiques ou de modifier leurs comportements. Le Réseau-rivières est également touché, avec la fermeture de 43 stations de suivi sur 267.
Pour la Fédération québécoise de défense des lacs et cours d’eau, ces décisions mettent directement en péril la capacité du Québec à protéger ses écosystèmes aquatiques. «Ce n’est plus du gras qu’on coupe, c’est l’os», déplore le vice-président Henri Fournier.