
Alors que Postes Canada continue d’accumuler des pertes, l’Institut économique de Montréal (IEDM) propose une solution radicale : libéraliser et privatiser le service postal canadien.
Dans une nouvelle publication parue le 31 juillet, l’organisme estime qu’une réforme inspirée du modèle allemand permettrait d’améliorer la qualité des services tout en réduisant les coûts pour les usagers.
Depuis 2018, Postes Canada a enregistré des pertes totalisant 3,8 milliards de dollars. Pour 2025-2026, la société d’État devra contracter un prêt d’un milliard de dollars financé par les contribuables pour assurer ses opérations. Pendant ce temps, le volume de lettres a chuté de 64 % en deux décennies, et la part de marché de l’entreprise dans la livraison de colis a reculé de 62 % à 24 % entre 2019 et 2024.
L’IEDM pointe également du doigt les interruptions de service, comme la grève de 32 jours en 2024 qui a paralysé le réseau et causé d’importantes pertes économiques, notamment pour les petites entreprises. Une nouvelle grève pourrait survenir sous peu, les employés étant en plein vote sur une offre patronale.
L’organisme suggère une privatisation progressive, accompagnée d’un régime d’actionnariat pour les employés, afin de les impliquer dans la transition et de prévenir une prise de contrôle par des acteurs privilégiés. Il recommande aussi d’éviter une réglementation excessive du secteur pour permettre une vraie concurrence.
À l’exemple de l’Allemagne, qui a entièrement ouvert son marché postal et privatisé Deutsche Post avec succès, l’IEDM estime que le Canada pourrait voir baisser les tarifs postaux — aujourd’hui 50 % plus élevés qu’en 1989 une fois l’inflation prise en compte.