
Les déclarations du premier ministre François Legault, évoquant la possibilité de perdre jusqu’à 30 000 emplois dans l’industrie forestière, continuent de susciter l’inquiétude et l’incompréhension chez plusieurs acteurs du milieu.
Dans Chaudière-Appalaches, où le secteur forestier demeure présent, les intervenants peinent à comprendre d’où provient cette estimation.
Réjean St-Arnaud, directeur général de Formabois, affirme ne jamais avoir vu de projection d’une telle ampleur et juge que, malgré des difficultés réelles, la situation n’atteint pas un niveau qui justifierait la disparition de la moitié des 60 000 emplois du secteur. Même son de cloche du côté d’autres organisations, qui soulignent qu’un tel scénario impliquerait la fermeture de nombreuses municipalités dépendantes du bois, ce qui n’est pas envisagé actuellement.
Les récentes tensions commerciales avec les États-Unis, notamment les tarifs douaniers de 45 %, compliquent toutefois la situation. Depuis le début de 2025, environ 1 000 travailleurs ont perdu leur emploi dans le bois d’œuvre, conséquence des fermetures temporaires ou définitives de plusieurs usines de sciage. La région de Chaudière-Appalaches n’échappe pas entièrement à ce ralentissement, son taux de chômage dans le secteur étant passé de 2,8 % à 3,6 % entre 2024 et 2025.
Le gouvernement tente maintenant de rassurer, affirmant qu’il s’agissait d’un scénario extrême et que des mesures sont prévues pour soutenir l’industrie. Pendant ce temps, les entreprises de la région continuent de composer avec la pression commerciale et l’incertitude, tout en cherchant à maintenir leurs activités et leur main-d’œuvre qualifiée.