
Une situation délicate continue de susciter de nombreuses réactions à Saint-Philémon, où une famille installée dans une maison appartenant à la municipalité a reçu, juste avant les fêtes, un avis d’éviction l’enjoignant de quitter les lieux d’ici le 30 juin prochain.
Attirée dans la localité en 2021 par un concours municipal visant à favoriser l’établissement de jeunes familles et à maintenir l’école ouverte, Geneviève Emery affirme aujourd’hui se sentir trahie par une décision qu’elle juge précipitée et mal expliquée.
Selon les informations échangées lors de la séance du conseil municipal du 12 janvier, la municipalité justifie l’éviction par l’état du bâtiment, jugé vieillissant, ainsi que par des projets de développement à long terme. Le maire, Daniel Pouliot, a expliqué que des rénovations majeures seraient nécessaires pour remettre la maison à niveau, représentant des investissements importants pour les contribuables. À court terme, aucun projet précis n’est toutefois prêt à être réalisé sur le site, mais la municipalité souhaite conserver une marge de manœuvre pour de futurs développements résidentiels, notamment afin de répondre à la pénurie de logements et aux besoins liés à l’attractivité du territoire.

Toujours selon les échanges au conseil, la maison en question possède une valeur patrimoniale non négligeable, puisqu’elle aurait été construite au XIXᵉ siècle. Cet aspect complexifie toute décision de démolition, celle-ci étant encadrée par des règlements municipaux et des considérations liées à la protection du patrimoine bâti. Des élus ont également reconnu que la municipalité a connu, par le passé, des expériences difficiles dans la gestion de logements et de projets immobiliers, ce qui alimente aujourd’hui une certaine prudence administrative.
De son côté, Mme Emery soutient qu’aucune communication claire n’a eu lieu avant la réception de l’avis d’éviction, remis par huissier. Elle affirme avoir tenté à plusieurs reprises d’obtenir des explications et d’ouvrir un dialogue avec la municipalité, sans succès. La famille, qui souhaite demeurer à Saint-Philémon afin d’assurer une stabilité scolaire et sociale aux enfants, estime qu’une solution transitoire aurait pu être envisagée, d’autant plus que les projets municipaux évoqués ne devraient pas se concrétiser avant plusieurs années.

Une vingtaines de citoyens ont également pris la parole pour questionner la démarche municipale, rappelant que l’objectif initial du concours était de retenir des familles sur le territoire et de soutenir la vitalité démographique. Certains élus ont reconnu que le dossier aurait gagné à être mieux expliqué et que des rencontres supplémentaires avec la famille concernée seraient nécessaires afin d’explorer des pistes de solution.
Pour l’instant, la décision finale a été annoncée officiellement durant le conseil, maintenant l’éviction. Aucunes mesures d’accompagnement pour reloger la famille n’est pour le moment prévue. Le dossier, donc, continue d’alimenter le débat au sein de la communauté philémontoise.