
Le rapport final de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic conclut que la Société de l’assurance automobile du Québec a transmis pendant des années des informations trompeuses et rassurantes sur l’état d’avancement et la facture du virage numérique, dans le but de masquer l’ampleur des dépassements.
Après plusieurs mois d’audiences publiques et l’analyse de centaines de milliers de documents, le commissaire conclut notamment que la direction de la Société de l’assurance automobile du Québec a fourni des informations trompeuses, rassurantes et incomplètes aux autorités gouvernementales quant à l’évolution du projet et à ses coûts, contribuant ainsi à dissimuler l’ampleur des dépassements qui ont porté le coût global à près de 1,1 milliard $ (ou près de 955 millions $ selon certains résumés).
Le rapport souligne qu’au fil des années, des communications « déceptives » ont été transmises aux parlementaires et aux ministères afin de masquer l’escalade des dépenses, et que cela ne relève pas simplement d’erreurs mais d’une stratégie concertée de la part de la haute direction. Cette situation a suscité de vives réactions politiques et publiques : le premier ministre du Québec a déclaré étudier des recours judiciaires contre les dirigeants de la SAAQ « qui ont menti » à son gouvernement, tandis que des partis d’opposition dénoncent une culture de manque de transparence et réclament des imputabilités.
Parallèlement, la SAAQ a présenté des excuses publiques aux citoyennes et citoyens, reconnaissant les difficultés et les perturbations causées par le déploiement chaotique de SAAQclic et s’engageant à regagner la confiance du public tout en s’inspirant des recommandations du rapport pour améliorer ses pratiques à l’avenir.
Dans ce contexte, l’Autorité des marchés publics (AMP) a accueilli favorablement les conclusions de la commission visant à accroître ses pouvoirs d’intervention en gestion contractuelle et à renforcer la transparence dans l’octroi des contrats publics. L’AMP juge nécessaire une rigueur accrue pour éviter que de tels dépassements et angles morts ne se reproduisent.