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Alors que Bellechasse débat déjà de la ligne Appalaches–Bas-Saint-Laurent et de possibles projets éoliens, les territoires voisins commencent à prendre des mesures concrètes.
La Nouvelle-Beauce vient d’annoncer une consultation publique cet automne et révise sa réglementation avant le prochain appel d’offres d’Hydro-Québec, prévu pour février 2027.
Plus à l’ouest, les MRC de Lotbinière, de L’Érable et des Appalaches se sont regroupées au sein du Connectif des sommets afin d’encadrer collectivement le développement énergétique et d’augmenter les retombées pour leurs 45 municipalités. Pendant ce temps, dans Bellechasse, Pattern Energy étudie toujours un projet pouvant atteindre de 130 à 300 MW, notamment autour de Saint-Lazare, Honfleur, Saint-Anselme et Saint-Henri.
La contestation se manifeste aussi sur les réseaux sociaux, notamment autour d’initiatives comme Armagh sans pylône. Paysages, terres agricoles, érablières et multiplication des infrastructures sont au cœur des préoccupations, les mêmes enjeux qui ont conduit la MRC à demander officiellement l’enfouissement de la future ligne d’Hydro-Québec.
Reste une question centrale : que rapporte réellement l’éolien aux communautés qui l’accueillent? Le nouvel appel d’offres d’Hydro-Québec exige un paiement annuel minimal de 6 227 $ par MW installé aux collectivités locales. À titre indicatif, un projet de 130 à 300 MW représenterait donc environ 810 000 $ à 1,87 M$ par année en paiements garantis, si un projet de cette taille était retenu selon ces règles.
Bellechasse possède déjà un exemple beaucoup plus avantageux : le parc de Saint-Philémon, où la MRC détient près de 49 % du projet. Pour le seul trimestre d’avril à juin 2023, plus de 233 000 $ de profits avaient été redistribués aux municipalités et à une enveloppe régionale. Autrement dit, les retombées peuvent être réelles, mais elles varient énormément selon que le milieu est simplement hôte des éoliennes ou véritable partenaire financier.
L’idée de remplacer les grandes éoliennes par une multitude de petites installations ne constitue pas forcément une solution économique. Hydro-Québec juge le petit éolien pratiquement inexistant au Québec et ne voit actuellement pas d’indication qu’il puisse devenir concurrentiel à court terme pour alimenter le réseau.
Le choix n’est d’ailleurs pas limité à « éoliennes ou rien ». Hydro-Québec estime que l’efficacité énergétique coûte environ trois fois moins cher que de nouvelles sources d’approvisionnement et prévoit parallèlement de moderniser l’hydroélectricité, d’ajouter du solaire et du stockage par batteries. L’éolien demeure toutefois privilégié pour les grands volumes, notamment parce qu’il produit davantage en hiver et complète les réservoirs hydroélectriques.
Pour Bellechasse, le débat pourrait donc rapidement dépasser la simple question d’être pour ou contre les éoliennes : combien d’énergie faut-il produire, où doit-elle être produite, quels impacts le territoire est-il prêt à accepter et surtout quelle part des milliards investis restera réellement dans les communautés qui accueilleront ces infrastructures ?
Écrit par: Nathan Piret
Intégration et infographie: FOLO