
Après un rebond observé en 2024, les investissements en capital de risque au Canada ralentissent de nouveau, principalement en raison des tensions commerciales avec les États-Unis, selon un rapport de la Banque de développement du Canada (BDC).
Ces tensions pèsent lourdement sur un écosystème déjà fragile, puisque près d’un tiers des transactions canadiennes dépendent d’investisseurs américains.
Geneviève Bouthillier, vice-présidente exécutive de BDC Capital, explique que l’incertitude des marchés a un effet dissuasif majeur. « On dépend beaucoup du capital étranger, surtout pour les entreprises de plus grande taille », souligne-t-elle, ajoutant que le danger réside dans la perte éventuelle de champions locaux au profit de propriétaires étrangers.
En 2024, les investissements totaux ont atteint 7,9 milliards de dollars, mais une part significative (1,2 milliard) a été captée par une seule entreprise, Clio, spécialisée dans les logiciels juridiques. Malgré des fonds canadiens disponibles estimés à 11,5 milliards, une grande partie reste gelée faute de sorties (entrées en bourse, acquisitions).
Kim Furlong, PDG de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement, observe que les investisseurs se tournent désormais vers des entreprises plus matures et rentables, au détriment des jeunes pousses. Depuis 2022, une seule entreprise, Turnstone Biologics, a réussi une entrée en bourse.
Le rapport appelle les investisseurs canadiens à réinjecter des capitaux localement pour éviter de perdre les acquis construits au fil de la dernière décennie.