
Alors que Québec poursuit l’étude du projet de loi 106, qui vise à lier la rémunération des médecins de famille à des objectifs d’accès et de performance, plusieurs médecins de Chaudière-Appalaches tirent la sonnette d’alarme.
Selon eux, le projet ajoute à une réalité déjà marquée par un manque de ressources, une surcharge administrative et des attentes irréalistes.
Dre Anne Laliberté, de la clinique de Saint-Anselme, juge inhumain de demander plus sans appui supplémentaire. Son collègue, Dr Louis Tanguay, évoque un manque d’environ 100 médecins généralistes dans la région et souligne que malgré cela, les patients orphelins sont pris en charge dans des délais raisonnables. Il dénonce une surcharge de formulaires et un manque criant de personnel de soutien.
Dre Catherine Castonguay, de Saint-Damien, indique que le projet fragilise particulièrement les petites cliniques, déjà à bout de souffle. Elle insiste sur le fait qu’une meilleure répartition des tâches entre professionnels permettrait de soulager les médecins.
Tous s’entendent pour dire que la réforme actuelle ne règle pas les causes fondamentales des problèmes d’accès, et risque même d’en aggraver certains en nuisant à l’attractivité de la médecine familiale.